Le théâtre d’été en danger ? réflexions de producteurs...

3 septembre 2013
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Il faut bien le reconnaître, il y a longtemps que ce qui est convenu d’appeler le Théâtre d’été n’a été aussi bien couvert par les médias dont La Presse et Radio-Canada. Ce qui est un peu lassant, c’est d’entendre la longue complainte des gens qui sont inquiets de la santé du théâtre d’été.

Soyons clairs, le théâtre d’été n’est plus ce qu’il était et c’est tant mieux. On pourra dire cela de toutes les activités humaines (et artistiques) !!

La réponse au déclin du théâtre d’été réside dans les idées originales que les producteurs doivent trouver pour tirer leur épingle du jeu.  Les industries quelles qu’elles soient sont en constante évolution et c’est à leurs acteurs de trouver de nouvelles opportunités afin de se démarquer. Cela est le propre de toutes les industries.

Depuis 2010, selon l’observatoire de la culture les assistances aux spectacles d’été ont cru en moyenne de 30 000 spectateurs à chaque année. Les assistances ne sont pas en décroissance, loin de là. Toujours selon l’observatoire, près de 1 400 000 spectateurs se déplacent l’été (période juillet-août) en salle et cela exclut les festivals qui sont décriés par les producteurs. Près de un million et demi de personnes assistent à des spectacles l’été et la plupart des théâtres d’été peuvent se contenter d’une part de marché de 1% à 1,5% pour bien réussir. Les intervenants du milieu doivent se rappeler qu’ils ne sont aucunement menacés par la disparition de leur industrie, contrairement au secteur de la location de vidéocassettes par exemple. Cette industrie disparaît, car ses acteurs doivent faire face à une évolution technologique qui met en péril son existence même. Ce n’est pas le cas des spectacles d’été et c’est à ses joueurs, chacun autant qu’ils sont de trouver des solutions pour les salles qu’ils occupent.

Trouver des idées novatrices et originales, c’est que les producteurs de théâtre d’été ont toujours fait depuis 50 ans. Que l’on pense particulièrement au Petit Théâtre du Nord qui propose une nouvelle création à tous les ans, au Théâtre du Chenal-du-Moine avec son Dieu Merci Le Spectacle, au Théâtre des Hirondelles qui était fermé et dont ses propriétaires ont réussi à l’amener au sommet, aux théâtres du Vieux-Terrebonne et Hector-Charland qui dans leur salle urbaine proposent d’excellents spectacles de qualité, aux productions Jean-Bernard Hebert qui a misé avec brio sur 12 hommes en colère, au Théâtre Beaumont St-Michel qui année après année joue pratiquement à guichets fermés, aux productions Juste Pour Rire avec leurs comédies musicales qui n’ont rien à envier aux production de Broadway et il y en a bien d’autres, tous ces producteurs ont trouvé des idées pour se démarquer et ces idées font en sorte qu’ils sont encore en opérations aujourd’hui.

Jamais personne n’a prétendu que la culture est un secteur économique facile où l’argent coule à flot, chaque dollar dépensé est important, et il n’y a pas de place pour les dépenses extravagantes. Cependant, les théâtres les mieux gérées tirent leur épingle du jeu et proposent d’année en année des productions qui connaissent d’excellentes ventes et c’est ces salles et ces producteurs qu’il faut donner en exemple et non pas les présenter comme des exceptions bizarres qui étonnamment réussissent.

Mathieu Bergeron, producteur Théâtre du Chenal-du-Moine
Mario Provencher, producteur Les Projets de la Meute inc.

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